NIGÉRIA :: 1/2 finales Can 2016: Le jour de la Can :: NIGERIA

1/2 finales Can 2016: Le jour de la Can

nigaria,finales,can,2016,jour,can,nigeria,NIGÉRIA :: 1/2 finales Can 2016: Le jour de la Can :: NIGERIADes comptes à régler
Nigeria – Afrique du Sud. Si les deux seules dames sélectionneuses de leurs pays respectifs sont fières d’être là en demi-finale, leurs sourires cachent à peine l’envie de dominer qui les habite.

Florence Omagbemi et Désirée Ellis se connaissent bien. Les deux sélectionneurs du Nigeria et de l’Afrique du Sud ont eu des mots gentils l’une vis-à-vis de l’autre ce  undi en conférence de presse d’avant-match, mais rien ne nous prévoit un match amical pour les demi-finales de cette Can féminine 2016. Pour avoir été respectivement capitaines, puis entraîneuses des deux sélections, quelques rencontres ne s’étaient pas terminées dans le sourire des deux. En 2000, Désirée Ellis, alors milieu de terrain capitaine de l’Afrique du Sud aux portes de la retraite qualifie son équipe pour la finale. Malgré le fait d’être à la maison, elle se fait battre par un Nigeria emmené par Florence Omagbemi.

Depuis, les Super Falcones ont encore remporté 5 autres titres, dont celui de 2014 en battant les Banyana Banyana en demi-finale. Cette fois là, les deux dames sont déjà reléguées aux bancs de touche : Florence comme entraineur principale du Nigéria, et Désirée comme entraîneur adjointe de l’Afrique du Sud. Des comptes doivent être réglés pour que la tranquillité revienne chez les Sud-Africaines : « C’est notre finale. Nous devons tout faire pour la gagner, nous allons jouer comme s’il n’avait pas d’autres matches ». A lancé la Sud-Africaine. Malgré son effectif réduit à 19 joueuses (Une fracture de Roxanne Barker la gardienne remplaçante et le départ de Nomathemba Ntsibande la défenseuse pour décès d’un parent), Désirée Ellis a encore, selon elle, des tas de possibilités pour faire un onze entrants solide.

Pour Florence Omagbemi : « Nous sommes sur notre voie ; celle de défendre notre titre. Nous nous rapprochons de l’objectif. Mais nous savons que ce sera un autre match. Nous avons facilement battu le Kenya, mais ici, nous sommes en demi-finale et l’Afrique du Sud est loin d’être le Kenya ». Pour atteindre sa quatrième finale de Can, l’Afrique du Sud doit se débarrasser du Nigeria, et ce ne sera pas la chose la plus facile à faire. Mais comme l’a reconnu Perpetua Nkwocha, la sélectionneuse nigériane, en football, tout est possible.

David Eyengue à Limbé.

15 ans d’âge, et déjà un match joué à la Can
Nadin Ghazy. Cela fait un an que la plus jeune joueuse de la compétition porte le maillot de l’équipe nationale égyptienne sans complexe.

Ils ne sont pas très nombreux, ces sélectionneurs africains qui osent. Mohamed Mostafa Abdelhameed, le sélectionneur de l’équipe féminine d’Egypte, présente à la Can est courageux. Dans son effectif de 21
joueuses, il y en a deux qui ont quinze ans. Bien que battues Cinq buts à zéro lors de leur match face à l’Afrique du Sud le 25 novembre 2016, les Egyptiennes vivaient un évènement historique. L’entrée en jeu de Nadin Ghazy, l’attaquante qui a fêté son 15ème anniversaire la veille du match. « Quel précieux cadeau que m’a offert mon pays ! » Dans un anglais fluide, l’adolescente polyglotte nous a édifiés sur le football féminin en Egypte. Cette élève de classe de seconde est née le 24 novembre 2001, et l’histoire lui offre d’entrer en jeu le 25 novembre 2016 dans un match de la Can Cameroun 2016. « On m’a dit que notre match n’était pas en direct sur la télévision, mais on l’a diffusé en différé, et certains de mes camarades l’ont regardé. Nous avons été battues, mais j’ai mes aînées dans l’équipe qui m’avaient déjà avertie que nous venons apprendre et nous avons appris ».

Elle a été repérée quand elle jouait avec les garçons dès l’âge de 10 ans, et recrutée chez les minimes d’Elamyeen, un club de football féminin du Caire. 3 ans plus tard, Nadin Ghazy est appelée chez les
U17 d’Egypte et a frappé aux yeux du sélectionneur depuis la fin d’année 2015. Sans complexe, elle intègre la sélection, et joue même aux interprètes pour ses coéquipières sollicitées par des journalistes et qui ne parlent que l’arabe. « Nous ne sommes pas nombreux qui avons eu la chance d’aller apprendre d’autres langues à l’école que l’arabe. Je parle un peu français, l’anglais et l’arabe. J’en profite pour dire merci à mes enseignants, car c’est maintenant que je vois pourquoi les programmes scolaires ont tout ceci ».

En classe de seconde en tronc commun, elle étudie aussi bien les mathématiques, le français, l’anglais l’arabe et l’histoire. Des cours pour lesquels elle a pris un petit congé pour satisfaire à son talent de footballeuse : « J’ai eu une permission de mes enseignants. Ils sont très fiers de moi, et pendant les rassemblements de tous les effectifs, on me présente toujours aux autres camarades, et rappelle que j’ai besoin du soutien pour mon appartenance à la sélection nationale. Ce sont des choses qui m’encouragent beaucoup ». La gamine a été marquée par les installations sportives du Cameroun, et impressionnée par l’organisation. Celle qui veut devenir une footballeuse professionnelle après ses études connaît deux footballeurs camerounais : Samuel Eto’o et Idriss Carlos Kameni. Après le foot, cette aînée d’une famille de trois enfants aimerait elle-même en faire trois comme sa maman.

« Le mariage ? Ce ne sera pas avant 26, 27 ans. On peut faire des enfants en continuant à jouer au football, et j’espère que ce sera cela mon parcours ». C’est la voie qu’on peut lui souhaiter.

David Eyengue, à Limbé


Désirée Ellis, la pionnière
Portrait. Elle est le patron du banc de touche sud-africain depuis seulement un mois, mais la joyeuse dame de 53 ans connait très bien le football féminin en Afrique.

Pour nous édifier d’emblée, et nous convaincre de ses 53 ans, Désirée Ellis nous a dessiné ceci : 15-24-14. Ce n’est pas un système de jeu qu’elle adoptera lors du prochain match de l’Afrique du Sud. Non ! Ce sont les phases de sa vie de femme, depuis sa naissance le 14 mars 1963.

15, c’est son âge quand elle commence à jouer au football, officiellement en équipe. 24, le  nombre d’années passées sur les terrains avant de prendre sa retraite à 39 ans, en 2002. Et depuis son retrait des aires de jeu, 14 années sont passées, et elle n’est toujours pas loin des stades de football, au contraire. Après avoir passé deux ans et demi comme entraîneur-adjointe de l’équipe nationale, elle  vient d’être nommée sélectionneur par intérim d’Afrique du Sud, le 16 octobre 2016, juste avant de charger les valises pour venir au Cameroun pour la Can féminine.

Pendant ses 24 ans de carrière sur les terrains en tant que joueuse, ce milieu de terrain a livré 632 matches et marqué 374 buts. Elle a participé aux toutes premières compétitions continentales en 1995, 1998 et 2000. Nominée pour le tout premier titre de meilleure joueuse africaine (remporté en 2001 par Mercy Akide du Nigeria), elle est la deuxième capitaine de l’histoire du football féminin sud-africain.

Un brassard qu’elle a porté pendant 9 ans sans discontinuité entre 1994 et 2002. Désirée Ellis a un seul voeu : que le football féminin devienne professionnel dans son pays comme celui des hommes. Elle qui trouve que la prime de 24,5 millions FCfa de chacune des Lionnes Indomptables (en cas de victoire finale) est une somme faramineuse. Elle ne connait pas combien gagnera chaque joueuse sud-africaine, mais « une somme a été promise aux joueuses. Mais moi, l’entraîneur, je ne la connais pas », nous a-t-elle lancé.

Depuis que cette pionnière regarde les compétitions féminines continentales, elle est mieux placée pour reconnaitre la différence faite par les organisateurs camerounais : « Je suis émerveillée depuis que nous sommes arrivés ici. Les stades sont flambant-neufs, plusieurs stades d’entraînement, les gens sont gentils et respectueux, les hôtels sont merveilleux et leurs personnels sont à votre disposition. Il faut que les prochains organisateurs prennent la mesure pour que le football féminin continental décolle enfin ! » Depuis la Coupe du Monde de 1990 et ses danses aux poteaux de corner, Roger Milla est resté dans la mémoire de Désirée Ellis, et les prouesses mondiales de Samuel Eto’o sont pour elle, des outils qui font du Cameroun une nation de football.

David Eyengue, à Limbé

  • Hits : [ 2225 ] 29 Nov 2016 12:02:00

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