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Tricherie, Fraude sur les âges : le crime ne profite pas aux sportifs

CAMEROUN::Tricherie, Fraude sur les âges : le crime ne profite pas aux sportifs::CAMEROONDans les milieux du sport, agents, athlètes, parents, dirigeants, élus locaux, etc sont impliqués dans un vaste mouvement qui permet à tout le monde de « se sucrer » et de vaincre sans péril.

Personne n’a jamais dit que Narcisse Ekanga, un footballeur qui a signé la nationalité équato-guinéenne il y a quelques années, a fraudé sur son âge. Mais, le cas de cet ancien
joueur du Tout puissant Mazembe (République démocratique du Congo) mérite un temps d’arrêt. « Amia », comme l’appellent ses proches, qui vivent toujours au quartier Nkol-Ewoué à
Yaoundé, est aujourd’hui âgé de 27 ans, mais, en consultant sa fiche, on se rend compte qu’en 2004, quand il était joueur des Astres de Douala (première division à l’époque), il était âgé de 17 ans ! Autant dire qu’avant les Astres, Narcisse Ekanga était bien plus jeune, surtout quand il défendait les couleurs de Tempête de Nanga-Eboko en deuxième division.

Et pour ceux qui savent ce qu’était la deuxième division à l’époque… S’il est facile de comprendre qu’Amia est un surdoué, il est difficile d’accepter qu’aujourd’hui, alors qu’il n’est âgé que de 27 ans, il soit au soir de sa carrière. Celui qui, en 2012, lors de la Coupe d’Afrique des Nations organisée dans son pays d’adoption, était l’un des meilleurs joueurs, n’a même plus sa place dans l’effectif du Nzalang nacional. Mieux, le sportif dispute un championnat très peu coté, puisqu’il est joueur d’Al-Hilal d’Omdurman au Soudan.

Tout pour être mineur

Il est facile de retrouver des sportifs comme Narcisse Ekanga, qui arrêtent leur carrière alors qu’ils ont un âge qui, normalement, devrait leur permettre de courir plus vite encore. Et, le mal est profond, dans la mesure où, en Afrique, il est difficile de déterminer l’âge réel d’un footballeur. Il arrive même que les intéressés eux-mêmes ne soient pas à même de donner leur vrai âge, dans la mesure où ils ont retouché leurs documents plusieurs fois. Pour ne prendre que le cas du football, où les cas de fraude sur les âges sont légion, lors des compétitions des petites catégories, notamment la compétition des moins 17 de la Fifa, le constat que l’on fait en général, c’est que les jeunes  représentants du continent africain sont plus costauds que leurs camarades des autres continents. D’ailleurs, en général, les Africains sont les plus jeunes lors des  compétitions internationales.

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En 1994, Rigobert Song, dont la carrière n’a officiellement commencé qu’en 1992 avec Tonnerre de Yaoundé, était le plus jeune joueur de la World Cup aux Etats-Unis, avec 17 ans ! Or, le natif de Nkenglikock avait été aperçu dans les rangs de Bangou Red Stars dans les années 80. Et même ailleurs. Celui qui lui a succédé au poste de capitaine des Lions lui a aussi succédé comme plus jeune joueur d’une Coupe du Monde.

En 1998 en France, un  certain Samuel Eto’o était le plus jeune joueur avec… 17 ans. Or, ceux qui ont partagé les vestiaires avec lui dans les rangs de Ratana au quartier Nkol-Ewoué à Yaoundé sont tous aujourd’hui dans la quarantaine. Volker Finke, l’actuel entraîneur des Lions n’a-til pas dit, parlant de lui qu’ « en football, l’âge ne trompe pas ? »

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En Afrique, la tricherie sur les  âges semble être devenue une tradition qui se perpétue. Ceux qui la promeuvent commencent toujours dès le bas âge. Illustration : lors de la Coupe d’Afrique des moins de 17 ans remportée par la Côte d’Ivoire, neuf joueurs ont été mis de côté par le comité d’organisation parce qu’ils avaient fraudé sur leur âge. Pour se rendre en Europe – à tout prix – et espérer les contrats mirobolants qui les y attendent, de jeunes africains n’hésitent pas à « couper » leur âge en présentant de faux documents, de fausses identités, etc. Il est par exemple courant qu’un joueur de 21 ans (de la catégorie espoir) avec un petit gabarit, mais qui ne peut pas s’imposer avec des joueurs de son âge diminue le sien sur le papier pour jouer avec des joueurs moins âgés que lui dans une catégorie inférieure dans laquelle il devrait en principe faire valoir ses talents. Le drame c’est que cette tricherie se passe avec la complicité des fédérations, des agents de joueurs, d’entraîneurs et même de certaines autorités politiques.
Tout le monde y mange, tout le monde y gagne et personne ne se plaint.

Le revers de la médaille

Quand on apprend que l’athlète ivoirienne Murielle Ahouré, qui a grandi dans les dédalles d’Abidjan en Côte d’Ivoire gagne beaucoup d’argent, on peut se dire que c’est pour cette raison que la fraude sur les âges est encouragée en Afrique. « On y va pour se faire de l’argent », disait, il y a quelques années, Patrick Mevoungou, champion d’Afrique des moins de 17 ans en 2003. Certes, le pécule est une motivation majeure, mais, en Afrique, l’affaire a une autre tournure. D’abord, cette manière de procéder permet à certaines nations d’Afrique de s’imposer dans les compétitions de petites catégories.

Ainsi, des joueurs de plus de 20 ans, mais prétendant avoir moins de 17 ans se retrouvent à disputer des compétitions de cadets d’abord entre eux, et ensuite contre des enfants âgés réellement de moins de 17 ans. Mais, le jeu est faussé, car, la conséquence de cette pratique, c’est que de petits génies repérés supposément jeunes n’arrivent pas à
percer au moment où ils sont attendus.

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D’abord, un jeune de 21 ans qui reduit son âge ans de quatre ou cinq ans pour pouvoir jouer en équipe cadette se retrouve à 21 ans (l’âge du papier) avec un âge réel de 25 ou 26 ans. Sur les papiers, ils sont nés le 31 décembre. Cela permet de pouvoir participer pendant toute une année à une compétition. Les plus subtiles ou les moins malins gardent leur date d’anniversaire.

Certains choisissent par erreur le 1er janvier. Mais, il arrive, et c’est récurrent, qu’au moment où ils doivent être au sommet de leur carrière, ils sombrent, ils n’arrivent plus à jouer dans une équipe de haut niveau. Les plus chanceux parviennent toutefois, à tenir longtemps et acquièrent le titre de « sportif professionnel ». Dans leur pays,  ils sont adulés. Ils ont de temps en temps, des convocations en sélections nationales. N’arrivant plus à s’imposer en Europe, ils ont honte de retourner en Afrique.

Certains parmi eux ont moins de 18 ans, mais ont un ou deux enfants. On comprend difficilement comment certains sportifs, à partir de 28 ans annoncent leur retraite. Or, c’est l’âge de la maturité pour  un sportif, comme nous le fait savoir le Dr Josué Bissou Mahop, expert en traumatologie du sport. Sans pointer personne du doigt, plusieurs  observateurs se sont, maintes, fois, interrogés sur les âges des joueurs comme Nii Lamptey (Ghana), Taribo West (Nigeria), Rigobert Song (Cameroun), Edel Apoula (Cameroun, puis  Arménie), etc.

Or, falsifier son âge peut avoir des conséquences néfastes pour tout individu qui s’y lance. Bissou Mahop explique : « Les enfants se font du mal. Quand ils arrivent dans un centre de formation en Europe avec un âge falsifié, ils subissent des entraînements des joueurs de ce niveau. Ce qui ne leur permet pas de progresser. Quand ils se blessent, ils sont soignés en fonction de cet âge. Puisqu’ils ont triché, ils prennent plus de temps pour guérir, certains rechutent, d’autres sont rattrapés plus tard ».

Mais, la falsification des âges ne concerne pas uniquement le continent africain. La supercherie existe aussi en Amérique du Sud. Récemment, l’attaquant colombien Falcao était soupçonné d’avoir triché sur son âge. La Fifa a décidé d’introduire des tests d’Imagerie par résonance magnétique (Irm). L’Irm a permis de détecter certains tricheurs, mais ne semble pas résoudre le problème.

Il y a des joueurs qui passent toujours à travers les mailles. En plus, l’Irm ne concerne que les joueurs de moins de 18 ans parce qu’après cet âge, l’ossification prend fin. Mais dans la catégorie junior, il n’y a aucune méthode.

Nii Lamptey: Histoire d’un Pelé raté

C’est l’histoire d’un footballeur qui a arrêté sa carrière internationale à… 22 ans. Officiellement, Nii Lamptey, ce footballeur que le Roi Pelé désigna – lui-même – comme son
successeur est âgé de 40 ans aujourd’hui.

Mais, ce joueur, qui avait le monde du football à ses pieds alors qu’il n’était un adolescent a traîné avec lui une histoire de poisse que Joseph Antoine Bell, l’ancien gardien de buts des Lions Indomptables aime à raconter, chaque fois que l’occasion lui est donnée de parler des agents véreux et de la fraude sur les âges.

Retraité, il n’a plus rien à voir avec le football. Il s’occupe d’une ferme à Accra. Sa jeunesse, entre Accra et Kumasi, ressemble à un cauchemar. Entre un père alcoolique, une mère désinvolte qui l’a laissé à lui-même, Nii n’avait que le football et ses camarades de jeu pour être joyeux. Et encore : le divorce de ses parents n’est pas un motif pour qu’il passe trop de temps à la maison. Sur le terrain, ses arabesques, sa vitesse et sa technique font de lui un héros. Champion du Monde des moins de 17 ans avec le Ghana en 1991, Lamptey brille et éclipse les Alessandro Del Piero, Juan Sebastian Veron, Adriano, Josep Guardiola, Andrej Juskowiak, Samuel Kuffour, Demetrio Albertini et autres Marcelo Gallardo en terminant meilleur joueur de la compétition en Angleterre. C’est ce qu’il a fait de mieux, dans sa carrière de footballeur. Par la suite, il est champion d’Afrique U20 en 1993, finaliste de la Coupe du Monde U21 en 1993 ou médaille de bronze aux JO de 1992.

Mais, par la suite, les autorités ghanéennes lui confisquent son passeport et l’apprenti footballeur est obligé de fuir au Nigeria pour rejoindre Anderlecht et la Belgique. Il est alors contraint de refaire ses papiers et c’est déjà le début de la fin. Ses débuts sont encourageants : son talent est tel que la fédération belge abaisse l’âge limite, afin de lui permettre de jouer avec les pros, à 15 ans à peine. À Anderlecht, Lamptey signe son premier contrat professionnel, mais, ne sachant pas lire, il est lié à Antonio Caliendo qui l’envoie, contre son gré au Psv Eindhoven. Cet agent peu scrupuleux abusera de la naïveté du joueur et le transfère souvent afin de récupérer les 25% de commission inscrits dans le contrat qui le lie à Lamptey : d’abord à Aston Villa, où il ne s’impose pas puis Coventry et Venise. Transféré à Santa Fé, en Argentine, son quatrième club en autant de saisons, Lamptey traîne son spleen. Et c’est ainsi que son talent s’étiole.

PortraitEdel Apoula, une identité controversée

Son âge et son nom ont été contestés à la fin 2009 par un de ses proches. Ala fin de l’année 2009, Edel Apoula Edima Bete a fait la Une des médias. Le gardien de
but d’origine camerounaise se voyait accusé de fraude sur son identité. Son ancien agent, Nicolas Philibert, s’était répandu dans les journaux français, accusant le natif de Yaoundé et ancien international arménien de posséder un faux âge et de faux nom et prénoms.

Selon ce monsieur l’ex joueur du Paris Saint-Germain s’appelait en réalité Ambroise Beyamena. Il serait né en 1980 et pas en 1986 comme déclaré officiellement. Nicolas Philibert disait avoir « balancé » son ancien protégé parce qu’il ne voulait pas lui remettre l’argent qu’il lui devait. L’accusé va crier à la diffamation et à la tentative d’extorsion de fonds. En même temps que son club de l’époque, le Paris Saint- Germain, il dépose plainte contre son accusateur.

En septembre 2010, la police française va déclarer les papiers d’Apoula authentiques. Mais il sera débouté de sa plainte contre Philibert par le Tribunal de Grande instance de Paris. Voilà pour la première chose qui a contribué à faire connaître le jusque-là anonyme Edel au Cameroun. La deuxième est la Coupe du Monde 2010.

Désireux de disputer la Coupe du Monde Afrique du Sud 2010, celui qui a déjà disputé deux matches internationaux avec la sélection d’Arménie tente de convaincre la Fifade lui accorder une dérogation qui lui permettrait de défendre les couleurs du pays natal. Motif : des erreurs de jeunesse et une pression exercée par le président du club qui était aussi un haut placé du gouvernement arménien lui auraient fait prendre la nationalité sportive de cet ancien pays de l’Union soviétique. Sa requête sera rejetée. Aujourd’hui, Edel poursuit une carrière assez anonyme.

Après le championnat français, il est allé jouer en Israël, faisant aussi un crochet en Super League indienne.
 

“Mon âge avec lequel je joue” ?
Fraude sur l’identité

Plusieurs footballeurs possèdent au moins deux actes de naissance avec des fonctions différentes. L’équipe nationale junior de football n’a pas pu prendre part à un tournoi organisé par le Qatar auquel elle a été invitée en Autriche depuis la semaine dernière. L’Autriche n’ayant pas de représentation diplomatique à Yaoundé, l’on a sollicité des visas auprès de l’Ambassade de Belgique pour que cette équipe nationale de football junior fasse le déplacement.

Malheureusement, ces visas ont été refusés collectivement. Les autorités consulaires ayant découverts selon des sources crédibles, plusieurs cas de fraudes sur l’identité et l’âge de certains joueurs retenus pour cette expédition, grâce au système de vérification des empreintes digitales centralisé utilisé dans des ambassades. Même si des noms n’ont pas été révélés, l’on a parlé d’un joueur ayant pris part à un tournoi de football jeunes avec le centre de formation Semence Olympique, qui est allé changer à la fois son âge et son identité.

Et dès qu’il a déposé ses empreintes à l’ambassade de Belgique le jour où tout le monde était convié à cet exercice, l’on a ressorti toutes les données de lui, contraires à celles se trouvant sur son passeport actuel. Une autre source parle de deux joueurs retenus pour cette expédition autrichienne ayant une même mère.

Mais, après vérification des âges, l’on s’est rendu compte que la différence d’âge entre les deux frères était réduite. L’un était né trois mois après l’autre.

L’âge avec lequel je joue ?

Telle est la question que vous renvoient la majorité des jeunes qui jouent au football et qui veulent en faire une carrière lorsque vous les interrogez sur leur âge. C’est qu’ils ont une double identité qu’ils ne disent pas directement. L’acte de naissance à partir duquel le dossier de licence du joueur ne porte plus l’âge et l’identité initial à la naissance. Or l’ancien acte de naissance a plusieurs fois servi pour le cursus scolaire.

C’est la raison pour laquelle plusieurs footballeurs connus ayant des diplômes comme le Bepc, le Probatoire, le Baccalauréat ou même la licence n’ont plus la même filiation sur leur licence sportive. Certains justifiant ce phénomène par le fait qu’après l’école, lorsqu’on choisit de jouer au foot, l’on n’a pas de chance d’émerger si on n’a pas un âge réduit.

Les agents de joueurs sont indexés comme les acteurs de ce phénomène de « couper l’âge ». Ce sont eux qui, régulièrement, demandent aux joueurs de réduire leur âge pour avoir des chances de pouvoir « voyager ». C’est pour cela que des gens engagent des manoeuvres et démarches auprès des secrétaires d’état civil pour refaire de nouveaux actes de naissance avec des filiations différentes. Dans cette course vers la réduction des âges, plusieurs jeunes perdent aussi des chances qui s’offrent à eux. Voici l’histoire d’un jeune ayant subi les conséquences de la réduction d’ âge : « Il y a un jeune qui a été repéré ici à Yaoundé par des recruteurs de Bordeaux il y a plus d’un an, de la Ligue 1 en France. Son talent était tel que les agents voulaient l’amener pour qu’il signe directement un contrat professionnel. Seulement, le footballeur en réduisant son âge, à ce moment avec 16 ans.

Pourtant, il avait bien 20 ans comme âge réel. La réglementation en matière de transfert exigeant qu’un jeune ait au moins 18 ans pour être transférable, il ne pouvait plus aller sur Bordeaux. Aujourd’hui, il est resté au pays et joue dans une équipe de Ligue 2 », nous a conté un observateur du football ayant requis l’anonymat.
A.C.

“Mal formés à la base”
Richard Towa: L’ancien sélectionneur des Lions cadets indexe des parents et des entraîneurs.

Avez-vous déjà eu affaire à des histoires de faux âges dans le cadre de votre travail d’entraîneur de football ?

C’est un sujet très important et dont il faut parler. Effectivement, j’ai déjà eu affaire à cette situation. Mais pas en Allemagne où j’ai travaillé pendant plus de 25 ans, mais ici au Cameroun. Je n’avais jamais connu cette histoire de traficotages d’âges par le passé. J’ai eu à vivre cette situation lorsque j’étais sélectionneur de l’équipe nationale cadette et même dans les équipes civiles dont j’ai eu la charge. C’est un problème qui nécessite une réflexion profonde. Mais à mon niveau, il était question pour moi de faire comprendre aux autorités que la meilleure des choses était de jouer avec les plus jeunes dans la catégorie des cadets. C’est ce qui a été fait parce que là avant qu’on aborde les matches des éliminatoires contre le Lesotho, le Mali et même contre le Bénin, les joueurs de cette catégorie avaient vraiment passé l’examen de l’Irm. Je l’avais exigé. Il fallait donner leur chance aux joueurs vraiment talentueux. Quand on commence à fausser les âges des joueurs, on est obligés de prendre les plus âgés parce qu’on veut gagner des matches et après cela, les talents disparaissent. Je suis content de cette procédure qui a été mise sur pied par l’ex ministre des sports et de l’éducation physique Michel Zoah et le secrétaire général de la Fécafoot Tombi à Roko. Le projet a fonctionné et aujourd’hui, dans l’équipe nationale A, on a des joueurs qui sont passés par l’équipe nationales des cadets.

Votre exigence n’a pas rencontré de résistance ?

C’était très difficile. Il fallait amener les gens à comprendre que dans la catégorie où nous jouons avec les plus jeunes, on ne regarde pas le résultat. C’est ce que je déplore toujours. On a été toujours habitués à gagner dans les catégories de jeunes. C’est ce qui fait problème aujourd’hui. J’ai eu à faire face à des parents et même avec des  formateurs qui avaient absolument besoin de voir leurs enfants évoluer chez les moins de 17 ans sans être de cette tranche d’âge-là. Je suis resté intransigeant, j’ai été combattu.

Comment appréciez-vous les efforts fournis pour combattre ce fléau ?
Si on fait des efforts pour le combattre, c’est quelque chose qu’il faut saluer ! Nous avons eu à le faire auparavant avec l’actuel secrétaire général de la Fédération  camerounaise de football, Monsieur Tombi à Roko, avec qui il y avait un bon projet sur l’évolution du football jeune. Nous avons eu à combattre les fraudes sur les âges en mettant sur pied l’examen Irm qui devait déterminer approximativement l’âge des joueurs Aujourd’hui, je suis content de savoir qu’à un certain niveau, les jeunes doivent jouer dans leurs catégories respectives. A part cela, si on continue à tricher, on aura le résultat qu’on a aujourd’hui parce que là, il est question d’être très rigoureux dans ce projet. Pour que cela se fasse, il faut que le football à la base se développe. On doit pour cela sensibiliser les parents et les encadreurs pour qu’ils laissent les parents évoluer dans leurs catégories respectives. Sinon, nous allons encore endurer des échecs.

Comment avez-vous réagi en apprenant que l’équipe nationale junior a été privée d’un tournoi amical en Autriche parce que l’on a détecté deux joueurs avec des faux âges dans la délégation camerounaise ?
C’est choquant ! Surtout pour moi qui suis un encadreur des jeunes. Un tournoi comme celui-là était important pour nos jeunes. Ils progressent grâce à ce type de compétition. Les nôtres auraient pu avoir l’occasion de se jauger par rapport aux jeunes des autres continents. Je peux vous dire qu’on change les âges des enfants parce qu’ils sont mal formés à la base. Ceci étant, si vous voyez un jeune Camerounais né ou formé en Allemagne, il n’a pas besoin de changer son âge. Vous n’avez qu’à prendre l’exemple de Joël Matip ou Eric Maxim Choupo-Moting qui évoluent dans l’équipe du Cameroun sans être passés par ce chemin. Le flot des responsabilités est étendu à tous les niveaux. Les parents, encadreurs sont coupables. J’ai toujours trouvé cela horrible.

Quel impact peut avoir la fraude sur les âges sur la carrière d’un joueur ?
Il est tout à fait grand ! Prenez l’exemple d’un joueur de 25 ans qui se dit qu’il a 15 ans. Il jouera avec cet âge et croira qu’il est plus fort ! Et lorsqu’il aura 30 ans il croira qu’il a 20 ans. Il va passer le temps à piétiner. A un certain niveau, il ne pourra plus évoluer. Il va peut-être toujours croire qu’il est un jeune alors qu’il est déjà très mûr. Ceci étant, pour sa carrière, c’est très dangereux. Il va falloir jouer dans sa catégorie. Il y a des erreurs qu’on doit faire parce qu’on est jeune. Sinon on ne pourra pas bénéficier de la formation.
Propos recueillis par Pierre Arnaud Ntchapda

  • Hits : [ 20142 ] 19 Avr 2015 00:48:18

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